D’amoureuses à co-locataires : comment la parentalité peut bouleverse l’intimité du couple

Une exploration sincère de la vie à deux après l’arrivée des enfants.

Il est fréquent, dans ma pratique, d’accueillir des personnes en couple qui me disent :

« On s’aime toujours, mais on ne se reconnaît plus. On ne se parle que pour s’organiser. On vit ensemble, mais on ne se retrouve plus. »

Ce vécu, bien qu’inconfortable, est extrêmement courant. L’arrivée d’un·e enfant transforme profondément la dynamique du couple. Ce qui, autrefois, fonctionnait de façon fluide — l’élan amoureux, la complicité, la sensualité — se retrouve mis en tension par une nouvelle réalité : celle de la parentalité.

Avant l’enfant, l’intimité

Avant, le couple se construisait autour du désir, du plaisir d’être ensemble, du partage d’expériences communes. Il y avait de l’espace pour l’improvisation, pour le jeu, pour les moments de reconnexion. L’autre était vu comme un·e partenaire, un·e complice, parfois un·e amant·e.

Après l’enfant, l’organisation

Avec l’arrivée d’un·e enfant, cette dynamique est profondément bouleversée. Le quotidien devient structuré autour des besoins du·de la bébé, des rythmes souvent imprévisibles, d’une charge mentale nouvelle, parfois écrasante. Les échanges au sein du couple se centrent sur les tâches, les responsabilités, la coordination.

Peu à peu, sans rupture claire, s’installe un glissement : de l’intimité vers la fonction, de l’amoureux·se vers le·la coéquipier·ère. Certaines personnes décrivent ce moment comme celui où l’on devient de simples co-locataires.

Ce que cela révèle

Ce vécu ne signifie pas qu’il n’y a plus d’amour. Il révèle plutôt combien l’espace du couple a été mis entre parenthèses, souvent au profit du soin porté à l’enfant. La relation n’est pas rompue, mais suspendue, parfois silencieuse. Il s’agit là d’un signal, non d’un verdict. Ce moment de flottement peut devenir une opportunité : celle de repenser le lien, non pas comme un retour à « ce que c’était avant », mais comme la construction d’un nouveau « nous », enrichi, plus conscient, plus ajusté.

Que faire concrètement ?

Voici quelques leviers que je propose fréquemment en séance :

  • Créer des espaces de parole non logistique : quelques minutes par jour pour se dire ce qu’on ressent, au-delà du planning.

  • Nommer la fatigue et la surcharge sans culpabilité, pour en faire un sujet partagé plutôt qu’une tension silencieuse.

  • Se réapproprier le corps et le toucher, même de façon symbolique, pour sortir du tout-fonctionnel.

  • Accueillir les émotions ambivalentes : oui, on peut aimer ses enfants et regretter la légèreté d’avant. Ce n’est pas contradictoire, c’est humain.

Se faire accompagner : un acte de soin pour le couple

Se sentir perdu·e dans la transition vers la parentalité n’est pas une faiblesse. C’est souvent un signe de lucidité et de conscience relationnelle. Et parfois, il est nécessaire d’être accompagné·e pour renouer avec le lien, mettre des mots sur ce qui s’est figé, et retrouver une direction commune.

✨ Pour être informé·e de son lancement, vous pouvez vous inscrire sur la liste d’attente ici.

Un couple ne se perd pas toujours. Il peut se transformer. Et parfois, il suffit d’un pas pour commencer à se retrouver.

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